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Selon plusieurs médias arabes, le site visé serait impliqué dans la production d'armes chimiques ainsi que de missiles longue portée destinés au régime et au Hezbollah.

Correspondant à Jérusalem

L'armée de l'air israélienne a visé dans la nuit de mercredi à jeudi un centre de recherche et de production d'armements situé près de Mesyaf, dans l'ouest de la Syrie, a affirmé dans la matinée le commandement général de l'armée syrienne. La même source a précisé que ces frappes, conduites à 2h42 depuis l'espace aérien libanais, «ont provoqué des dégâts matériels et la mort de deux employés». Selon Yaakov Amidror, ancien conseiller pour la sécurité nationale du premier ministre israélien, «le site est bien connu pour son rôle dans la fabrication d'armes chimiques ainsi que de divers systèmes d'armement.» Les autorités israéliennes ont dans un premier temps refusé de commenter ces accusations. L'armée syrienne a pour sa part mis en garde contre de «sérieuses répercussions pour la sécurité et la stabilité de la région».

L'opération israélienne, si elle a bien eu lieu, est la première du genre depuis que Moscou et Washington ont annoncé le 8 juillet dernier un accord de cessez-le-feu pour le sud de la Syrie. Ce texte a aussitôt été vivement critiqué par les dirigeants israéliens, qui reprochent à ses auteurs de n'avoir tenu aucun compte de leurs préoccupations pourtant maintes fois réaffirmées. L'État hébreu redoute tout particulièrement de voir l'Iran et le Hezbollah s'implanter durablement sur le sol syrien après la fin des combats. Benyamin Nétanyahou s'est récemment rendu à Sotchi pour dire à Vladimir Poutine que son pays n'accepterait pas de voir sa sécurité ainsi menacée. «Nous ferons tout ce qui est nécessaire pour protéger la sécurité d'Israël», a-t-il déclaré à la veille de ce déplacement. 

Un exercice de grande ampleur simulant une attaque du Hezbollah

La politique israélienne a jusqu'à présent consisté à se tenir à l'écart du conflit tout en faisant respecter quelques lignes rouges clairement définies. Près d'une centaine de convois transportant des armes destinées au Hezbollah ou à d'autres groupes pro-iraniens ont été frappés au cours des cinq dernières années, a récemment précisé le général Amir Eshel, chef de l'armée de l'air israélienne. L'État hébreu est aussi intervenu pour répliquer à des tirs de projectile venus de Syrie, ainsi que pour empêcher le Hezbollah de s'implanter le long de la frontière entre Israël et la Syrie.

La frappe imputée jeudi matin à l'État hébreu intervient alors que son armée mène, depuis trois jours, un exercice de grande ampleur simulant une attaque du Hezbollah contre le nord du pays. Les médias israéliens relèvent par ailleurs qu'elle a été conduite vingt-quatre heures tout juste après que l'ONU a accusé le régime syrien d'être à l'origine d'une attaque au gaz sarin menée en avril dernier à Khan Sheikhoun. Yaakov Amidror, l'ancien conseiller pour la sécurité nationale, relève que l'attaque attribuée à l'État hébreu intervient quelques jours après que Hassan Nasrallah, le chef du Hezbollah, a révélé s'être récemment rendu à Damas pour y rencontrer Bachar el-Assad. «Peut-être a-t-il été décidé lors de cette rencontre que le site de Mesyaf servirait dorénavant à fabriquer des armes pour le Hezbollah, ajoute-t-il. Si tel est le cas, on peut imaginer qu'Israël a voulu marquer clairement son opposition à un tel scénario.»

Le général de réserve Amos Yadlin, qui dirigea le renseignement militaire israélien avant de prendre la tête de l'Institut d'études pour la sécurité nationale, a affirmé jeudi matin sur son compte Twitter que le site visé par l'attaque produit notamment des «missiles de précision». «Il a aussi été impliqué dans la production d'armes chimiques ainsi que de barils d'explosifs qui ont tué des milliers de civils, a-t-il ajouté. S'il s'agit bien d'une frappe israélienne, elle constitue une réponse morale attendue au massacre du peuple syrien. L'attaque envoie aussi trois messages importants. Un: Israël n'autorisera pas la production d'armes stratégiques en Syrie. Deux: Israël compte bien faire respecter ses lignes rouges même si les grandes puissances les ignorent. Trois: la défense antiaérienne russe n'empêchera pas les frappes attribuées à Israël. Maintenant, la priorité est d'empêcher une escalade et de se préparer à une riposte de l'axe Syrie-Iran-Hezbollah - voire à une opposition russe.»